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La dermabrasion


 

Déjà 3500 ans avant notre ère, un écrit sur papyrus vantait les bienfaits de pâtes abrasives : les Egyptiens utilisaient une solution de lait et de miel avec des particules d’albâtre.

Cela nous prouve que de tout temps l’homme et la femme ont voulu gommer certaines imperfections cutanées superficielles (rides, cicatrices, kératoses, taches pigmentaires) en lissant la

surface de leur peau et essayer ainsi de l’améliorer, voire de conserver sa fraîcheur et la rajeunir.

le lissage de la peau demande une abrasion et les techniques d’abrasion d’aujourd’hui peuvent être

 

  •  Mécanique : c’est la Dermabrasion
  •  Chimique : ce sont les Peeling
  • Thermique : c’est la Laser-ablation
      

• DEFINITION, OBJECTIFS ET PRINCIPES

 

La dermabrasion est réalisée à l’aide d’une brosse ou d’une fraise rotative, à surface rugueuse reliée à une pièce à main et un moteur électronique. Le choix de la vitesse de rotation, du pouvoir abrasif de la fraise et la pression exercée par le chirurgien permettent le contrôle qualitatif de l’abrasion.

De nombreuses autres méthodes de dermabrasion ont été proposées : râpes, brosses, papiers abrasifs, meules. Mais, le principe d’abrasion mécanique reste le même.

 

La dermabrasion consiste en l’élimination de la couche superficielle de la peau, c’est-à-dire l’épiderme et peut aller jusqu’au derme superficiel.

 

Sa profondeur est fonction de l’importance du défaut à corriger, de la zone à traiter, de la qualité de la peau et du but recherché.

 

 
 
 

Ensuite cette couche superficielle détruite se restaurera grâce aux phénomènes naturels de cicatrisation à partir des îlots de membrane basale dermo-épidermique et des annexes pilosébacées

 
 

contenus dans le derme profond : c’est la réépidermisation ou reépithélialisation.

Cela implique donc un temps de cicatrisation où la peau reste fragile et nécessite des soins attentifs.

C’est cette restauration de la surface cutanée qui créera un aspect plus lisse : c’est un lissage mécanique qui va gommer, plus ou moins, les imperfections que l’on désire traiter.

De plus, la cicatrisation dermo-épidermique se fera avec une certaine rétraction cutanée, véritable effet « tenseur » cutané, variable et plus ou moins important selon les cas.

Il faut la différencier de la microdermabrasion qui n’est en fait qu’une dermabrasion très superficielle : le résultat en est un coup d’éclat, une action sur le teint en produisant un effet

rafraîchissant sans relissage.

 

 

• AVANT L’INTERVENTION

 

La consultation a pour but d’évaluer la demande, de préciser l’indication, d’informer le patient de ce qui peut être traité et de ce qui ne le sera pas et d’expliquer tous les faits relatifs à ce type d’intervention.

La préparation de la peau en préopératoire est importante en vue d’optimiser le résultat : nettoyage cutané, crèmes aux acides de fruits ou à la vitamine A acide, couverture antibiotique, sont parfois prescrits par votre chirurgien pendant les 2 ou 3 semaines précédant l’acte pour préparer votre peau afin qu’elle arrive au moment de l’acte dans les meilleures conditions locales possibles.

 

 

 

• TYPE D’ANESTHESIE ET MODALITES D’HOSPITALISATION :

 

Ces modalités sont à discuter avec votre chirurgien, l’acte

pouvant se faire :

 

  • Sous anesthésie générale classique, locorégionale, générale ou analgésie.
  • Avec une hospitalisation d’un ou plusieurs jours ou en ambulatoire.

Type d’anesthésie :

 

Pour une anesthésie lors d’une dermabrasion du visage, le principe est la recherche du confort, à la fois pour le patient et pour le praticien.

Cet objectif est plus facile à réaliser par une anesthésie générale ou une analgésie :

 

  •  Anesthésie générale classique durant laquelle vous dormez complètement.
     
  •  Analgésie qui est une anesthésie locale complétée par des tranquillisants administrés par voie intraveineuse(anesthésie vigile).

 

Cependant, on peut avoir recours à des anesthésies locales ou tronculaires :

Les blocs tronculaires sont très bien adaptés pour les paupières et pour la partie médiane du visage (front, nez, lèvres et menton). Ces blocs sont efficaces et faciles à manier. Ils consistent en l’injection d’un produit anesthésique autour d’un nerf sensitif qui innerve une zone cutanée : cette zone est ainsi insensibilisée pendant la durée de l’acte.

 

  • L’anesthésie locale pure :
     

un produit anesthésique est injecté localement en sous-cutané pour insensibiliser la zone à traiter. Les parties latérales du visage (joue, région temporale), difficilement accessibles pour les blocs tronculaires, répondenttrès bien à cette technique.

 

  • Les crèmes anesthésiantes de type EMLA ont un intérêt sur les peaux fines sur les peaux fines surtout si l’abrasion reste superficielle. Des progrès sont attendus concernant ce type de crèmes anesthésiantes.
     

Modalités d’hospitalisation :

 

L’intervention se pratique « en ambulatoire », c’est à dire avec une sortie le jour même après quelques heures de surveillance.

 

 

 

• L’INTERVENTION :

 

 
 
 
 
 
 
 

 

Après nettoyage et désinfection de la peau et installation des champs stériles, la dermabrasion se fait par une brosse ou une fraise rotative de dimension, de forme et de grain variables, reliée à une pièce à main et un moteur électronique permettant une vitesse de rotation élevée (15 à 35.000 tours/minute).

 

Le choix de la vitesse de rotation, du pouvoir abrasif de la fraise et la pression exercée par le chirurgien permet le contrôle qualitatif de l’abrasion et sa profondeur. Cette profondeur est fonction de l’importance du défaut à corriger, de la zone à traiter, de la qualité de la peau et du but recherché.

 

La délicatesse du geste est maximale lorsqu’on se rapproche des paupières, des cheveux, des sourcils, de la muqueuse labiale.

 

 

La fin de la dermabrasion voit le derme mis à nu ce qui entraîne un saignement.

 

 

 

Ce derme doit alors être recouvert et protégé :

  • Soit par un pansement fermé,sec ou gras, à refaire tous les jours du fait du suintement important.
  • Soit par un pansement ouvert qui consiste en l’application de corps gras vaseliné à répéter pluriquotidiennement.
     
     

• APRES L’INTERVENTION : LES SUITESOPERATOIRES

 

 

Immédiatement après la dermabrasion, un exsudat se forme à la surface du derme mis à nu ce qui entraîne rougeur, oedème et suintement.

Dès le 5ème jour, une mince couche épidermique se reforme, elle est très fragile car ses attaches avec le derme sous-jacent sont encore fragiles, d’où le danger de frottement, de traumatisme, de grattage.

Des soins locaux, à base de corps gras ou de pansements vont favoriser et protéger jusqu’à cicatrisation complète, obtenue en 10 à 15 jours. Bien dirigés par votre chirurgien, ces soins locaux éviteront l’apparition de croûtes, qui même si elles ne sont pas souhaitables peuvent éventuellement se former et ne devront pas être arrachées pour respecter la cicatrisation sousjacente en cours et ne pas faire courir le risque d’une éventuelle cicatrice résiduelle.

 

Progressivement, une peau de meilleure tonicité, plus lisse, se régénère.

La pigmentation commence à apparaître au bout d’un mois et ne doit en aucun cas être stimulée, bien au contraire, par l’exposition au soleil, au risque de voir apparaître une hyperpigmentation.

Un maquillage adapté et une protection solaire sont préconisés à partir du 10ème jour pour camoufler un érythème d’intensité variable (aspect rouge ou rosé de la peau traitée pendant 1 à 2 mois, voire davantage ce qui ne constitue pas une complication, mais une suite normale).

La peau peut être inconfortable, sèche, fragile, irritable, intolérante aux produits de beauté habituels pendant plusieurs semaines.

Des rashs avec rougeurs et chaleurs peuvent survenir pendant quelques mois.

En ce qui concerne l’exposition au soleil, une éviction est conseillée pendant 6 mois, ainsi qu’une protection par crèmes écran total.

Un traitement général (antalgique,anti-inflammatoire,antibiotique,anti-herpétique,anti-prurigineux) est souvent prescrit, par votre chirurgien, parallèlement aux soins locaux.

Cette période de suites est parfois difficile, sur le plan psychologique, pour le patient : votre praticien est présent pour vous aider et vous conseiller à l’occasion des consultations qui suivent l’acte et qui sont nécessaires pour bien conduire la cicatrisation. Il ne faut pas hésiter à l’appeler ou à revenir consulter pour résoudre tout cas d’espèce.